L'édito du numéro en cours
Par CKM le dimanche, avril 15 2007, 23:48 - Humeur - Lien permanent
Il y a des moments comme ça où on a envie de changement. Franchement, cette nouvelle formule de CKM n’est pas motivée par une étude marketing poussée ni destinée à booster les ventes. Simplement, il nous semble que le moment est venu de donner un petit coup de neuf à la revue, et même si le changement n’est pas clairement spectaculaire, notre ambition est bien de donner un nouveau souffle à notre bon vieux CKM. En prenant notre temps, dans la profondeur, sans précipitation ; en assumant les imperfections d’un premier numéro pas complètement conforme à notre espérance, mais que nous corrigerons dans les prochaines parutions.
Et cette réflexion pourrait dépasser le niveau de CKM. Nous pensons en effet que le Canoë-Kayak est à un moment de sa vie où il se doit de réfléchir un peu, de faire le point. Il faut dire que le bébé a bien grandi, lui qui est né au début du 20ème siècle. On ne sait pas quand un sport arrive vraiment à maturation, mais c’est peut-être l’heure de se poser quelques questions métaphysiques.
Oui, mais comment ? d’abord en se souvenant d’où l’on vient, car c’est bien connu, pour savoir où l’on va, ça peut aider. C’est pourquoi nous avons décidé de nous replonger dans nos mémoires et nos archives, pour nous souvenir qu’il n’ y a encore pas si longtemps, l’eau vive et la rivière inspiraient autrement qu’aujourd’hui nos passions kayakistes. Comprenons-nous bien : nous n’allons pas faire semblant de croire que nous serons demain des milliers sur chaque rivière de France ou d’Europe, que le CK va exploser…Celle-là, ça fait trop longtemps qu’on nous la raconte. Mais à l’inverse, nous refusons de tirer sur l’ambulance, et de jeter le bébé avec l’eau de la rivière. Nous sommes de ceux qui pensent qu’il y aura toujours des passionnés pour descendre des torrents et des rivières…à condition bien entendu qu’il en reste. Un sujet sur lequel nous allons là-aussi revenir souvent, car il est clair que les années à venir risquent d’être difficiles dans ce domaine. Il n’ y a qu’à voir les campagnes de publicité du partenaire principal de la fédération- qui d’ailleurs annonce étrangement dans beaucoup de supports sauf dans CKM-, pour comprendre que les énergies renouvelables ne passeront pas que par les airs et que les dossiers de barrages vont s’accumuler… Mais attention, notre idée n’est pas de nous positionner en opposant systématique ou en « cracheur dans la soupe ». Nous avons déjà souvent évoqué notre conscience de la complexité des dossiers et des paradoxes qu’ils soient énergétiques ou philosophiques dans lesquels le kayakiste d’aujourd’hui est plongé. Nous ouvrirons donc des débats, poserons des questions, et nous prendrons aussi des positions. Il s’agira aussi de montrer que les kayakistes ne sont pas seulement des défenseurs d’un usage ou d’un droit de passage, mais aussi des hommes militants pour le respect d’un milieu naturel.
Alors est-ce qu’on ne va parler que de rivière désormais dans CKM ? sûrement pas. La mer sera bien-entendu toujours d’actualité, et nous irons d’ailleurs souvent y (re) puiser des sensations, des démarches, des aspirations qui sont les mêmes que les pionniers connurent il y a plusieurs dizaines d’années. Dès notre prochain numéro et également avec notre hors-série, le Kmer sera largement à l’honneur, que ce soit pour rêver, voyager, ou progresser techniquement.
Enfin pour terminer évoquons le retour d’un cahier special « compétition ». Nous faisons ce choix par passion, par envie, par respect aussi des pratiques chronométrées. Pas par appât du gain, car dans ce domaine les annonceurs manquent de moyens et les lecteurs préfèrent se faire passer le mag au club entre deux entraînements…ce qui fait que CKM reste le média incontournable et qu’il est beaucoup lu, mais… Nous l’avons souvent évoqué et nous le répétons : nous avons besoin de vendre des abonnements et numéros, et de ces ventes dépendent aussi la pérènnité et la qualité de la revue, merci de faire passer le message.
A l’heure de la presse gratuite et de l’internet, c’est notre compète à nous.
La rédaction
Commentaires