Edito 201 - Déjà un oeil vers Pékin...
Par CKM le mardi, janvier 8 2008, 16:44 - Humeur - Lien permanent
Après de nouvelles médailles toutes fraîches du Brésil, celles de cet été à Duisbourg et le titre mémorable des ligneux Cyrille Carré/Philippe Collin, c’est très naturellement que tous les regards des passionnés de compétition vont se tourner désormais vers Pékin. Ces deux-là vont-ils poursuivre leur ascension fulgurante et obtenir la médaille olympique attendue depuis longtemps ? Tony entrera-t-il dans l’histoire en emportant un troisieme titre olympique ? l’extraordinaire densité des kayakistes français leur permettra-t-elle de conserver le titre remporté à Athènes par Benoît Peschier ? Ce dernier reviendra-t-il dans la course, ainsi que Fabien Lefevre ? Comment tous ces jeunes kayakistes vont-ils surmonter l’épreuve fratricide des courses de sélections l’an prochain, alors qu’elles vont réunir : le champion du Monde 2002 et 2003 (Lefevre), le champion Olympique 2004 (Peschier), le champion du Monde 2006 (Billaut), le champion du Monde 2007 (Combot) ? Sans parler des préoccupations de tous les autres, olympiques ou pas, qui sont déjà en train de fourbir les pagaies pour la saison prochaîne. En regardant l’activité par ce bout de la lorgnette, on pourrait penser que de ce suspense haletant dépend l’avenir du canoë-kayak. Pourtant rien n’est moins sûr. Pendant ce temps là, d’autres acteurs du monde du kayak se posent aussi des questions. Sur le marché économique, la préservation des rivière…ou tout simplement pour continuer à faire tourner un club. En ces temps de rentrée des classes des écoles de pagaie, nombreux sont les présidents en effet qui se demandent comment ils vont joindre les deux bouts de la saison, qui va encadrer les plus jeunes, quel matériel ils vont pouvoir acheter… Faut-il augmenter le prix des cotisations, au risque de se priver d’une des fonctions sociales de l’activité ? Faut-il rêver à d’improbables sponsors, qui sont plus préoccupés par l’acquisition du dernier pass-vip pour le stade de foot après avoir planché sur l’énième campagne ringarde autour de la sémantique rugbystique ? Faut-il essayer de sensibiliser encore plus les élus locaux, qui la plupart du temps le sont déjà, et qui ne peuvent guère faire plus au regard de ce que « pèse » l’activité. Et c’est sans doute ce dernier point qui sera déterminant pour l’avenir de notre sport. On reconnaît aujourd’hui aisément une image très télégénique au CK, des champions emblématiques qui sont plutôt bien suivis par les médias, une image globale finalement très positive. Mais un déficit évident en terme de puissance de la pratique. le CK a du mal a réellement « exister ». Car au delà de l’image, le moment où une activité décolle, c’est quand sa pratique se développe. Ce qui nous renvoie à la notion de « donner envie », et de l’image « brouillée » qu’elle émet, que nous avons déjà souvent évoqué dans de précédentes colonnes. Lorsque une grande chaîne TV diffuse un sujet sur le kayak de mer, les gens ont envie d’essayer, tout de suite. Mais ils n’associent pas du tout cette image à celle de Tony Estanguet. Il suffirait pourtant de quelques messages bien émis pour que cela s’entende mieux. A quand une campagne de relations-presse menées par un collectif de fabricants, et/ou la fédé ? Et pourquoi pas une campagne pub financée par EDF qui servirait la cause de l’activité dans sa globalité pendant qu’on y est ? Chiche ?
Commentaires
bonjour, j'ai trouvé ce illet fort intéressant :) je me demandauis pourquoi cette précisqion : "en regardant l'activite par ce bout de la lorgnette" ... ;) je te souhaite une bo ne continuation !