Pour la première fois depuis de longues années, CKM n’avait pas de stand au Salon Nautique de Paris en ce début de mois de décembre. Certains d’entre vous s’en sont aperçus, qui ont cherché désespérément le stand de leur revue préférée dans le dédale de la grande messe. Le problème, c’est qu’ils n’étaient pas très nombreux, les kayakistes, à visiter le salon. Pour tout dire, ce n’est pas un phénomène nouveau ; il y a quelques hivers déjà que nous relatons dans nos colonnes un certain manque d’intérêt des pratiquants du CK, alors même que le nombre de visiteurs global continue d’être tres important. D’où un certain doute dans l’esprit de certains dont nous sommes, qui s’interrogent sur la fonction du salon. Pour nous, il est très utile que le CK soit représenté au Salon, pour sensibiliser, montrer, faire découvrir, auprès du grand public. Mais le même salon ne convient pas (ou plus) pour constituer un rendez-vous de passionnés, qui viennent découvrir des nouveautés, discuter, échanger, pourquoi pas même essayer du matériel. Il y a déjà plusieurs éditos de CKM que nous le disons, il est grand temps de créer cet événement, que nous situons idéalement au printemps, au début de la saison probablement. Mais en attendant, il est un événement existant, vieux aujourd’hui de plus de vingt ans, qui pourrait pourquoi pas tenir ce rôle : En 1995, CKM titrait son article sur le Marathon de l’Ardèche : « dans la cour des grandes ». Comprenez l’épreuve venait d’arriver d’après nous au niveau de ses consoeurs européennes telles que Riba de Sella et nous voyions alors se dessiner un avenir sur les traces des grandes courses à pied ou de ski de fond populaires. L’édition 2007 vient de montrer, encore une fois, combien cette prédiction n’était pas fausse. Les 2000 participants de cette descente pas comme les autres viennent d’horizons kayakistes les plus divers. Et au-delà de ce phénomène « interne », on assiste aujourd’hui de plus en plus à une participation de sportifs, accomplis ou non, venus d’autres disciplines. Amoureux du sport nature, ils veulent inscrire l’épreuve ardéchoise à leur palmarès de « finisher », entre un « Templiers » ou une « Transjurassienne ». Ce phénomène est ce qui pouvait arriver de mieux au Marathon, qui pour le coup se retrouve vraiment dans la cour des grandes courses. Pour autant, son « nouveau » statut lui donne des obligations, et les clubs organisateurs sont aujourd’hui devant une situation que connaissent bien tous les organisateurs : comment continuer de gérer un succès, tout en améliorant encore son événement et en n’ayant pas forcément les moyens financiers pour assumer ce développement…Le succès devrait logiquement amener son lot de contrats de partenariat, de reconnaissance, etc. Certains annonceurs pourraient ne pas rester très longtemps insensibles aux atouts de l’épreuve, eux qui cherchent à la fois une exposition mais aussi des contacts de terrain avec les consommateurs. C’est tout du moins le cas d’un certain nombre de marques impliquées dans le sport nature qui seront peut-être intéressées par le concept du marathon. Cependant, avant d’être un événement « grand public » le Marathon de l’Ardèche est un rendez-vous pris par tous les acteurs de notre sport. Au chapitre des développements possibles, pourquoi pas travailler encore plus les composants de ce rendez-vous, tel que le « village » exposant ? Aujourd’hui, de nombreux professionnels ont compris l’importance de l’événement en terme de participation, et trouvent-là l’occasion de rencontrer des clients. Projections de films, réunions, séminaires, sont aussi des pistes à explorer. En fait c’est tout simplement une forme de festival que pourrait demain proposer le Marathon, se positionnant encore plus comme LE rendez-vous du canoë-kayak. En en attendant d’autres si possible, à d’autres dates, en d’autres lieux, car il est évident que des événements de nature « participative » comme le Marathon permettent de créer une identité forte pour des activités.