Fin D'humeur CKM 203 -Positivons !
Par CKM le jeudi, février 14 2008, 21:29 - Humeur - Lien permanent
En 2008 positivons par Stéphane ROUX
J’en connais un qui va respirer un peu. C’est le big boss. Pour 2008, en guise de bonne résolution, j’ai décidé de placer cette rubrique sous le registre du positif. Il n’y a pas de raison. A force de jouer le rôle du grincheux, je me demande s’il n’y a pas à la longue un risque de passer pour le caractériel de service. Aussi, en cette nouvelle année je vous propose de po-si-ti-ver. Alors autant commencer tout de suite en causant de quelques babioles qui dans un passé récent auraient secoué ma pile inutilement. Tenez, au hazard, le salon nautique. En décembre dernier, j’aurais certainement pondu un truc du genre « y a-t-il des kayaks dans la piscine cette année » ou tout simplement enguirlander les absents chez qui on venait chaque année tailler la bavette après avoir tenté de prendre une coupette sur le stand de la fédé histoire de faire le nombre. A l’heure où notre icône olympique arrive à faire vendre du gel douche à ma belle mère et que notre activité marque des progrès en matière de reconnaissance médiatique, j’aurais pu taquiner sur le coté ringardos et riquiqui de notre présence à côté du salon du spa. A une époque où nos petites joutes de Bourg ou de l’Argentière peuvent se voir sur des canaux et des créneaux plus comestibles que ceux qui sont offerts par les chaînes du réseau câblé ukrainien, j’aurais pu tout de même titiller sur la question. Et bien, non. En 2008, je ne vous parlerai, sur le sujet, que de mes économies de train, du beau plan ne déportant que je me suis tapé en remplacement de la grande foire du ciré jaune. Non, vous voyez, le bazooka à tout bout de champ, c’est fini. Je ne voudrais pas continuer à transmettre ma mauvaise humeur chronique aux lecteurs qui veulent rêver un peu. Les aigreurs à l’estomac, la dépression à tous les étages, l’horizon toujours en noir, ouste, du balai ! Avec un temps de retard, l’année 2008 sera pour cette rubrique celle de la rupture. Un avenir radieux est désormais à porté de pagaie et au bout de chacune de mes lignes. Bon, je ne vous cacherez pas que les premiers temps cela ne va pas être toujours facile. Ce premier billet 2008 sera sans doute encore marqué d’un chouya d’ironie malsaine. Mais avec une poignée d’euphorisants, deux ou trois godets de Banyuls chaque matin, je vous promets dès le prochain numéro du Walt Disney pur jus. Et pour bien vous montrer que je progresse à vue d’œil, je vais vous parler au final, d’un sujet qui me tient à cœur et qui m’aurait très certainement conduit en 2007 à multiplier les mots grossiers et autres vitupérations dignes d’un mercenaire en fin de congrès. Le projet de barrage en amont des rapides de Malafosse. Pour du lourd, c’est du lourd. Et bien même pas peur. Je résiste. Certains attendraient que je balance la grande artillerie et que je tire à vue. Et bien désolé, ne comptez pas sur moi en 2008. D’ailleurs, la Régie Electrique du Briançonnais qui porte le projet, va nous arranger tout cela au petit oignon. Avant même que débute les enquêtes, nos amis nous assurent sur leur site à la façon du grand Charles qu’ils nous ont compris. Je reprends texto : « Comment la fédération départementale de kayak perçoit-elle ce projet ? Le tronçon de la Durance en aval du Malafosse jouit d’une réputation internationale et d’un niveau de difficulté recherché par les passionnés. Il est donc indispensable que le projet prenne en compte l’activité kayak sur ce tronçon. » Vous voyez, on est entre de bonnes mains. D’ailleurs, c’est bien connu, tous les parcours de réputation internationale bénéficient systématiquement d’une prise en compte bienveillante de l’activité. « Ou va se trouver le barrage et pourra-t-il être franchi par les kayaks? L’aménagement d’un accès débarquement/embarquement avec un chemin de contournement est envisageable au niveau de la prise d’eau. » Nous ne savons pas encore si nous aurons droit au fleurissement du chemin de contournement mais c’est sympa de penser à nos petits petons et à notre confort pour l’embarquement. « Quand la pratique du kayak sera-t-elle possible en aval du barrage? En période de forte hydraulicité le débit de la Durance sera suffisant pour permettre à la fois le prélèvement d’un débit dérivé pour alimenter l’usine et la pratique du kayak. Pour les autres périodes, ou les déverses seront plus faibles, le seul débit réservé sera insuffisant. Une réflexion est engagée entre EDSB et la fédération départementale de kayak sur les compromis à trouver pour élargir la période de pratique du kayak. » J’en ai presque des frissons. Je n’ai même plus d’effort à faire pour positiver. C’est presque trop facile. Comme sur le Gyr voilà un projet qui va nous permettre d’élargir les périodes de navigation, calculer à la minute et au cm3 prêts les bons créneaux pataugent en nous ponctionnant ce qu’il faut pour que ce ne soit pas trop gros, éviter de nous poser trop de questions pour garer le 4x4, lire les dernières recommandations sur un panneau en mélèze, bénéficier d’une table pour le pique-nique et si nous négocions bien, le fin du fin, l’éclairage du parcours. Car à produire toujours plus d’électricité autant en profiter pour améliorer la visibilité des passes par mauvais temps. Bref, le bonheur ! Et pour de la haute-rivière ce sera de la haute-rivière sans tous ces impondérables de débits, de saisons, ces buts, ces portages le long de berges, irrégulières, sombres, non sécurisés, sans chemins aménagés, tous ces trucs qui composaient l’ordinaire des kayakistes d’un autre âge. Il y aurait bien que quelques passionnés de mauvaise foi pour y voir malice.
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